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PLAYA
08. Laurence
09. Yaya
10. Le pinceau à chansons
11. Une statue d'Orphée
12. Lame sans cible
13. Le goût de l'océan
14. Paco aime Mélusine
Pour écouter des extraits de l'album Playa, rendez-vous sur le site de Tôt ou Tard


Playa (1998)

Playa est sorti en novembre 98. C'est un premier album naïf et sauvage : aucune contrainte ! Certaines chansons mijotaient depuis 86. Arrangé sur un logiciel magique qui mélangeait les sons MIDI et les séquences "analogiques" ( c'est devenu très courant ), réalisé, enregistré, mixé et mastérisé par le mythique et néanmoins fort chaleureux et pointu et drôle Dominique Blanc-Francard (DBF, assisté de Bénédicte Schmitt), ce disque est un joyeux foutoir. Février 98 fut chaud, du côté de la rue Washington.

Jazzy ('70 pour TOUT L'HIVER, '80 pour UNE STATUE D'ORPHÉE), "rive gauche" (PLAYA, AUBADE, LAURENCE), pop déglinguée (YAYA), se mélangent dans un fond de "merenge" (prononcer en roulant le r et finir en "gué") qui berce l'album. Il y a le fantasme d'un disque concept écrit entre la ville et l'océan. Je vivais dans la banlieue ouest de Bordeaux depuis mes six ans.

Deux phases se succèdent : la première est très dense, sur vitaminée (rien que du naturel) et, j'en préviens l'auditeur piqué dans sa curiosité (par quelque fan de la première heure, quelque collectionneur insatiable, quelque proseur égaré sur le net, genre moi…), elle conduit à une forme d'asphyxie (y compris celle du chanteur si on en croit la chronique mitigée de télérama) jusqu'au PINCEAU A CHANSONS. La seconde phase ouvre des perspectives, comme on dit dans l'artillerie, annonce la suite. J'écoute encore cette phase-ci, de temps en temps, avec des gouttes de la première. C'est plutôt les gouttes de la fin qui font passer les pilules du début, non ? Certains matins, c'est très bien.

La rencontre avec DBF et Bénédicte fut euphorique. Une fête en 28 séances. La sortie du disque fut une telle débandade que je fus longtemps intrigué, méfiant vis à vis des gens qui me disaient aimer ce disque. Je n'étais manifestement pas prêt pour ces grands moments de solitude qui suivent les sorties sans suite. J'ai appris aussi qu'on l'écoute différemment depuis que j'ai fait d'autres disques, d'autres chansons. Je l'ai re-écouté pour écrire ces petits commentaires. Je suis guéri de Playa et je pense que la 2, la 4 et la 11 sont parmi les beaux trucs que j'ai fait en studio.
 
Franck