Octobre
2004 - Sortie de l'album "Au grand jour"
Interview réalisée par Claire Le Roy, Philippe Albinet,
Johan Lerat
On peut
lire dans la mise à jour de ta biographie qu'il
t'a fallu 1460 nuits pour parvenir à ce nouvel
opus. Es-tu insomniaque ?
Non pas du tout. Le coup des 1460 nuits je crois
que c'est une image... En réalité j'étais prêt
pour Ivry (NDLR : en référence à sa résidence
au théâtre d'Ivry Antoine Vitez en mars 2002).
J'ai préparé les chansons en 2002 et puis je les
ai enregistrées au fil des mois en 2003, et j'ai
fini le mixage en 2004 avec Marlon B., Seb Martel
et Matthieu Chédid. Mais non ça n'a pas été toutes
les nuits, même pas tous les jours...
Comment vis tu ces moments à
quelques jours de la sortie de l'album ?
J'ai le trac, c'est à dire que je suis très impatient
et j'ai confiance, j'ai vraiment confiance. Parce
que d'abord, Tôt ou Tard, ma maison de disques,
est très motivée. Les radios nous aident, diffusent
la chanson (La routine). J'ai fait des premières
parties très enthousiasmantes, rencontré le public.
Je fais des concerts, ce qui reste la meilleure
chose à faire pour faire connaître le disque,
les chansons et moi. Je suis vraiment excité.
Comment s'organisent tes journées
en ce moment ?
Il y a les premières parties avec Vincent Delerm,
les répétitions avec le trio (Franck M'Bouéké
à la batterie, François Lasserre à la guitare)
et les premiers concerts avec le trio. Le reste
du temps, j'essaye de ne pas trop parler pour
économiser mes cordes vocales (rires).
Comment se passent les premières
parties de Vincent Delerm (Paris - La Cigale 19
Oct- 4 Nov. 2004) ?
Très bien, le public est sympathique, très attentif.
Les gens sont venus pour écouter des chansons
et ça tombe bien parce que Vincent comme moi sommes
venus leur en chanter ! Cela se passe donc vraiment
très bien. J'ai mis deux ou trois jours avant
de définir ma liste de chansons et maintenant
elle est fixée (NDLR : Les bancs ; Le livre ouvert
; Pourtant ; Douce, douce vanité ; J'adore t'écrire
; La routine (avec la participation de Vincent
au piano) ; L'esclandre ; Gros cœur. En plus j'ai
un bel éclairage. La personne en charge des lumières
a fait du bon travail et Hervé au son est parfait
!
Une tournée est-elle prévue
pour les mois à venir ?
Pour l'instant il n'y a rien de prévu, je sais
qu'il y a des lieux qui m'ont déjà accueilli,
qui vont m'accueillir de nouveau. Des concerts
sont prévus en province en février 2005, en avril
aussi, et je crois qu'il y aura des festivals
l'été prochain, mais je n'ai pas plus de précisions
pour l'instant. Rien n'est défini. En revanche,
il est question que je joue quelques semaines
à Paris, autour du mois de mars.
Sur scène tu interprètes souvent
" Pourtant ", une chanson dont tu as écrit le
texte pour Vanessa Paradis, pourrais-tu nous en
dire plus sur l'histoire de cette chanson et pourquoi
elle te tient particulièrement à cœur ?
C'est une belle histoire partagée avec Vanessa
Paradis et Matthieu Chédid. Cela s'est fait très
vite, ils m'ont fait écouter la musique et j'ai
écrit le texte très rapidement... Et puis c'est
aussi une période de ma vie. Ce que j'avais envie
d'exprimer dans une chanson à cette époque là
correspondait exactement à ce que Vanessa avait
envie de raconter dans les siennes. Cela tombait
très bien. De plus la musique de Matthieu est
vraiment magnifique, c'est facile d'écrire des
textes sur des musiques comme celle là...
Comment naissent tes chansons
en général ?
Par la musique, je commence toujours par la mélodie
et ensuite j'écris les textes. J'essaye de me
demander ce que je pourrais bien raconter, quel
climat j'aimerais avoir sur tel type de musique
puis j'écris le texte petit à petit avec les sonorités,
avec une sorte de yaourt un peu français que je
pratique...
Parmi tes nouvelles chansons,
l'une s'appelle " mes pompes neuves " dans laquelle
tu chantes " dansez dansez dans mes pompes neuves
". Claude Nougaro chantait quant à lui " dansez
sur moi, dansez sur moi ...". Est-ce un hommage
?
Non, ce n'est pas du tout un hommage
à Claude Nougaro, que j'admire par ailleurs. Je
chantais même sur scène une de ses chansons il
y a deux ans avec Sarah Murcia (NDLR : la pluie
fait des claquettes). En réalité c'est plutôt
un hommage à Jacques Dutronc, en référence à "
Il est cinq heures Paris s'éveille ". C'est une
chanson qui parle de Paris la nuit. A une époque
quand je chantais " Mes pompes neuves ", je disais
" à cette heure-ci Paris sommeille ", pour dire
que le mec s'est évadé de son mariage. Il se balade
dans Paris, il regarde les filles, il se dit qu'il
ne va plus être célibataire et il ne le vit pas
très bien. Ce climat nocturne, le gars qui erre
un peu dans la ville... c'était un hommage à Dutronc
... c'était la seule citation, mais on ne l'entend
pas parce que je l'ai enlevé. Je n'aime pas trop
jouer à ce jeu dans mes chansons.
" Mes pompes neuves " est une chanson qui possèdent
des couplets supplémentaires que je pourrais éventuellement
chanter sur scène. Mais sur le disque je me suis
limité à trois couplets et c'est déjà beaucoup.
Dans " tu parles ", tu parles
de qui ? de quoi ?
(…rires…) C'est un secret ! Mais comme vous avez
pu le remarquer sur le livret dans lequel il n'y
a en principe pas de fautes de français, il n'est
pas nécessairement question d'un homme qui s'adresserait
à une femme, ou bien d'une femme qui s'adresserait
à un homme. Le texte dit : " t'es pas obligé "
... C'est une chanson sur la culpabilité, le pardon,
le temps perdu que l'on passe à ne pas pardonner
aux gens...
As-tu pu faire découvrir " l'esclandre
" dans ton pays natal (La Sarthe) ?
Attention ce n'est pas du tout une chanson de
la Sarthe hein ! Je le fais croire, mais en réalité
je ne connais même pas la danse traditionnelle
de la Sarthe. Ça fait toujours rire les gens dans
les villes et même dans les campagnes quand je
leur dit que je vais chanter une chanson " rurale
", un peu des campagnes... parce que je ne ressemble
pas du tout à quelqu'un qui vient de la campagne,
j'ai un côté un peu sophistiqué. Quand je dis
ça je passe pour un couillon et je pense que c'est
ça qui fait rire ! Réussir à mettre une leçon
de danse dans une chanson de deux minutes est
un vrai exercice de style. Par la suite on s'est
vraiment beaucoup amusé à l'enregistrer en studio
avec Marlon et les chœurs. On a beaucoup ri, et
je pense que cela se ressent... c'est une des
chansons que j'aime le plus sur le disque, elle
est très " Beatles ". L'enregistrement est très
spontané, très simple... ça sonne comme ça sonne...
et sur scène elle marche aussi très bien !
C'est ta deuxième collaboration
avec Laurent Seroussi pour l'aspect visuel de
l'album, et c'est également la deuxième fois que
l'on te retrouve photographié en pleine nature,
Franck Monnet serait-il Bio ?
Non. Pour la pochette, mon cahier des charges
pour Laurent était simple : je voulais être photographié
en ville et je voulais que l'on me voit de près.
J'avais également des souhaits au niveau des couleurs.
Au final il a fait le contraire de ce que je lui
ai demandé et c'est très réussi, très beau. Mais
moi je ne suis pas spécialement accroc à tout
ce qui est bio. J'aime bien manger bio, là n'est
pas la question. Ce que je veux dire c'est que
je ne tenais pas spécialement à des photos prises
à la campagne.
As-tu d'autres projets en vue
?
Oui, mais pour le moment je vais m'occuper du
disque. Il est question que je finisse d'écrire
un conte musical dans les mois qui viennent. Evidemment
aujourd'hui il est en suspend. Mais il va tout
de même falloir que je m'en occupe très vite,
parce que je joue déjà sur scène des chansons
qui en feront partie. Le projet est lancé, ça
va venir.
Sur scène tu chantes en duo
très drôle avec Emily Loizeau...
Oui ! Il sera sur son disque à elle...
On te voit de plus en plus sur
le Forum de FranckMonnet.net, disposes-tu [enfin]
d'une connexion Internet ?
(Rires, en montrant le Mac du salon) Ce n'est
pas le mien, mais ça m'amuse de venir lire le
forum, je lis tout. Je ne réponds pas à tout parce
que ça me prendrait trop de temps et puis mes
réponses n'auraient pas toujours grand intérêt.
Je prends du plaisir à le parcourir, c'est marrant...
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